BAP - Le Budget d'Assistant Personnel
L’expérience du BAP en Flandres…
« Je dispose du budget d’assistant personnel depuis février 2006 et ce, pour une période indéterminée. Vu l’enthousiasme retrouvé au cœur de ma famille, je souhaite vous faire part de ce système. Je reste persuadé que le BAP apporte une solution à de nombreuses familles, aussi bien celles concernées par le handicap que par la maladie, sur le moyen terme ou le long terme.
Il est opportun de souligner également que ce système n’est pas là pour remplacer les services existants mais plutôt pour augmenter l’offre de services existants, et du moins d'apporter les ressources nécessaires pour pouvoir pleinement en bénéficier. »
o Pourquoi faire appel au BAP et comment ?
« Notre fils est lourdement handicapé depuis sa naissance, mais il est en bonne santé, ouf ! … Les médecins évaluent son développement mental à 11 mois, 1 mois de plus nous aurait pourtant fait tellement plaisir !
Sa maman travaille jusque 16 heures, son papa jusque 19 heures et souvent le week-end : le partage du nursing se fait le matin pour le papa et le soir pour la maman. Oui mais voilà, qui dit bonne santé, dit développement harmonieux et … prise de poids… sa maman n’en peut plus, elle est sur les genoux tous les soirs.
Jusqu’au jour où elle est prise d’un violent mal de tête, insupportable, le verdict tombe comme la fin du monde (encore une fois) - une tumeur au cerveau - tout s’écroule… Je décide alors de mettre au défi le service social de l’hôpital universitaire de trouver une formule pour s’occuper de notre fils dans l’urgence. Résultat : rien du tout, notre assistante sociale fut désolée et a disparu.
Retour à la maison, ma femme a été opérée par des spécialistes, nous sortons du gouffre et nous nous informons pour la suite de notre existence. Notre fils et sa sœur sont notre fierté. Nous aimerions que, tant qu’ils soient enfants, la famille reste réunie …
Nous habitons la périphérie en région flamande, et nous informons sur le concept du budget d’assistant personnel. Le procédé est simple : nous rentrons un projet de vie pour notre enfant auprès de la Vlaams Agentschap voor Personen met een Handicap (VAPH) qui est l’agence des autorités flamandes de notre pays.
La VAPH décide de l’acceptation ou non du dossier introduit en fonction de l’enveloppe budgétaire disponible attribuée par le gouvernement flamand mais aussi en fonction de priorités comme la gravité du handicap. Après possibilité budgétaire, une somme - ou disons un subside - vous est accordé, ce qui vous permet de rémunérer les personnes appropriées pour vous épauler dans l’accompagnement de votre enfant.
Quand l’enveloppe budgétaire augmente un peu, le VAPH nous demande de prendre contact avec une équipe multidisciplinaire à Louvain : médecins, ergothérapeutes, assistantes sociales,… Ceux-ci observent le projet et l’enfant pour ensuite donner leur évaluation à la VAPH qui détermine alors le budget annuel. »
o Au quotidien, comment cette aide se déroule-t-elle ?
« Il revient aux parents de trouver la personne qui les aidera au quotidien. Un assistant est présent tous les soirs, de 15h à 19h. Il va chercher mon fils au centre de jour avec notre voiture, l’emmène se balader (dans la forêt, dans les marchés, visiter un musée…) et ils reviennent à la maison. Il lui donne alors son repas, lui propose de petites activités ludiques, avant de lui donner le bain et de le mettre au lit. Cette aide précieuse permet notamment d’éviter aux parents de partager les aléas de la manutention. L’assistant est également présent deux samedis par mois ainsi que deux soirées par mois. En effet, si l’accompagnement de la personne handicapée est important, permettre à son entourage de bénéficier de quelques moments de répit l’est tout autant. »
o Le BAP rencontre-t-il du succès en Flandres ?
« Nous sommes enchantés du concept, il mérite d’être connu et reconnu à sa juste valeur. A ce jour, environ 2000 personnes en Flandres sont en attente de bénéficier du BAP… »
Voir article « Le Budget d’Assistance Personnelle - BAP », La Voix des Parents - Afrahm Asbl, n° 48, décembre 2007.